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A-XXVII Abbaye de Differdange, 1235-1796 (Fonds)
Contexte de plan d'archivage |
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Zone d'identification |
| Cote: | A-XXVII |
| Titre: | Abbaye de Differdange |
| Période de création: | entre 1235 et 1796 |
| Niveau: | Fonds |
| Type de documents d'archives: | Acte/document |
| Charte |
| Registre |
| Carte - Plan |
| Mètres linéaires: | 4,50 |
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Zone du contexte |
| Nom du producteur des docs. / de la provenance: | Abbaye des cisterciennes de Fontaine Sainte Marie à Differdange |
| Historique administratif: | En 1235, le seigneur Alexandre de Soleuvre et son épouse Hedwige offrirent à des religieuses leur villa de Fontaine Sainte Marie à Differdange. La donation primitive comprenait, outre une villa déjà construite (nuper fabricam), son terrain, des bois, deux moulins, un étang, ainsi que des familles serves. A peine trois mois plus tard, en août 1235, les dominas religiosas furent admises dans l’ordre cistercien par l’abbé de Cîteaux, Gauthier d’Ochies, sur mandat spécial du pape et par l’autorité du chapitre général de l’ordre. Cette incorporation expresse ne doit pas nécessairement être mise en doute, mais rien dans les rapports du chapitre général de 1235 ne se rapporte à la nouvelle implantation de Differdange (CANIVEZ). Les religieuses sont toutefois dûment identifiées comme cisterciennes dans le transsumpt de l’archevêque de Trêves en mai 1236 (A-XXVII-004).
Cette initiative des seigneurs de Soleuvre s’inscrivait dans l’efflorescence religieuse du 13ème siècle, qui vit la fondation de plus d’une dizaine de maisons religieuses sur le territoire des comtés de Luxembourg, Vianden et Chiny. Davantage, la fondation de Differdange rappelle la vague des fondations féminines de la première moitié du 13ème siècle : Saint-Esprit (vers 1230), Bonnevoie (vers 1234), Marienthal (avant 1235), Differdange (1235), Clairefontaine (après 1246-1251). La chronologie des fondations montre que le seigneur de Soleuvre, connu sous le titre d’advocatus de Luscelburg, fonda le monastère de Differdange sur ses terres allodiales une quinzaine d’année avant la fondation de Clairefontaine par les comtes de Luxembourg Henri V et son épouse Marguerite de Bar, qui agissaient probablement sous l’impulsion initiatrice d’Ermesinde.
Ce choix de moniales cisterciennes ne doit pas étonner. Ces religieuses étaient particulièrement prisées par les lignages nobles pour assurer la prière des défunts (COOMANS). Resté sans enfant, le couple seigneurial assura son repos éternel et sa memoria par cette fondation dans laquelle ils choisirent de se faire inhumer. Le seigneur Alexandre décéda en 1258 et son épouse lui survécut une dizaine d’années. Elle fit encore une donation au monastère en février 1268 (voir cartulaire A-XXVII-321). Leurs tombeaux étaient encore visibles en 1756 lorsque Cyprien Merjai visita l’abbaye et en fit la description (BNL, ms 1-240, vol. 18, f° 1508-1517). Le jésuite Jean Bertholet, dans son Histoire du Luxembourg parue en 1742 (t. 4, p. 443) donne quant à lui l’épitaphe du seigneur de Soleuvre : Anno domini MCCLVIII XIII kalendas aprilis obiit Alexander de Solvbrio advocatvs de Lvcelbvrch fvndator hvivs coenobii reqviescat in pace. |
| Les successeurs des fondateurs se montrèrent aussi attentifs aux religieuses. On sait que les neveux d’Alexandre et d’Hedwige, qui héritèrent de la seigneurie, confirmèrent les donations et firent de nouvelles largesses à l’abbaye de Differdange où ils choisirent eux aussi de se faire inhumer (voir notamment A-XXVII-021). De plus, plusieurs abbesses et religieuses furent des membres de la famille de Soleuvre, mais aussi de branches cadettes ou de familles alliées. Dans le même sens, à l’imitation du seigneur de Soleuvre, ses vassaux et parents firent eux aussi des donations en faveur de la nouvelle abbaye (MARGUE, Politique monastique, p. 410). L’abbaye de Differdange s’imposa donc rapidement comme le monastère de lignage des seigneurs de Soleuvre et de leur parentèle.
Les donations faites à l'abbaye sont parfois consenties pour s’assurer des prières posthumes, mais surtout lors de l’entrée en religion d’une fille de la famille. En accueillant des filles de la noblesse mais aussi de la bourgeoisie fortunée, l’abbaye de Differdange se dota, en un siècle environ, d’un solide patrimoine. D’ailleurs, les revenus du domaine permirent aux abbesses d’entamer une politique d’achats de biens et domaines autour de l’abbaye (L’abbaye de Differdange, p. 23). |
| Les successeurs des fondateurs se montrèrent aussi attentifs aux religieuses. On sait que les neveux d’Alexandre et d’Hedwige, qui héritèrent de la seigneurie, confirmèrent les donations et firent de nouvelles largesses à l’abbaye de Differdange où ils choisirent eux aussi de se faire inhumer (voir notamment A-XXVII-021). De plus, plusieurs abbesses et religieuses furent des membres de la famille de Soleuvre, mais aussi de branches cadettes ou de familles alliées. Dans le même sens, à l’imitation du seigneur de Soleuvre, ses vassaux et parents firent eux aussi des donations en faveur de la nouvelle abbaye (MARGUE, Politique monastique, p. 410). L’abbaye de Differdange s’imposa donc rapidement comme le monastère de lignage des seigneurs de Soleuvre et de leur parentèle.
Les donations faites à l'abbaye sont parfois consenties pour s’assurer des prières posthumes, mais surtout lors de l’entrée en religion d’une fille de la famille. En accueillant des filles de la noblesse mais aussi de la bourgeoisie fortunée, l’abbaye de Differdange se dota, en un siècle environ, d’un solide patrimoine. D’ailleurs, les revenus du domaine permirent aux abbesses d’entamer une politique d’achats de biens et domaines autour de l’abbaye (L’abbaye de Differdange, p. 23). |
| A côté des donations, l’abbaye disposait de différentes sources de revenus. Mentionnons les droits de patronage sur près d’une vingtaine d’églises. Grâce à ces patronages, acquis au cours des siècles, l’abbaye avait le droit de présenter le candidat de son choix à une cure. Davantage, elle jouissait des bénéfices de ces églises. En échange, l’abbaye s’obligeait à l’entretien de l’édifice. Les religieuses possédaient également des dîmes dans 34 paroisses situées pour la plupart dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de l'abbaye (Differdange, p. 77) Si l’abbaye disposait d’un patrimoine stable et devait posséder des réserves importantes, on trouve peu de documents laissant supposer que l’abbaye jouait le rôle de banque auprès des populations alentours, comme ce fut par exemple le cas des clarisses-urbanistes de Luxembourg. On conserve surtout des baux pour les censes et les vignobles et les quelques traces de prêts se firent dans des conditions exceptionnelles (notamment une demande de rançon suite à des enlèvements à Holzem). Sur le long terme, les traces de relations et d’interactions avec les populations sont des affranchissements (A-XXVII-086), des arrangements et des procès.
Les documents de la fin du Moyen Age et du 16ème siècle sont moins nombreux mais ne témoignent pas d’une période de crise à l’abbaye. Or, cette époque fut particulièrement difficile pour les abbayes féminines cisterciennes et on sait que l’abbaye voisine de Clairefontaine fut dissoute pendant une dizaine d’années vers 1500. Malgré un tassement notable des documents, l’abbaye de Differdange semble donc avoir mieux résisté. Toutefois, les documents en lien avec les refuges de Luxembourg et Longwy suggèrent une période d'inquiétude. Le siècle suivant fut celui de la Contre-Réforme catholique. Dans les trois abbayes cisterciennes de Differdange, Clairefontaine et Bonnevoie, l’abbé d’Orval Bernard de Montgaillard imposa une stricte réforme. Ne voulant pas se plier à ses ordres, l’abbesse de Bonnevoie fut destituée. A Clairefontaine et Differdange, les abbesses se montrent plus dociles et l’abbesse de Differdange, Marguerite de Housse, fut semble-t-il une administratrice avisée. C’est sous son abbatiat que fut entamée la rédaction du cartulaire. Au décès de cette abbesse en 1612, Bernard de Montgaillard fit installer l’abbesse Jeanne de La Ruelle. |
| Le 17ème siècle fut une période de grande production culturelle pour les réguliers, notamment pour les cisterciens. Toutefois, l’abbaye de Differdange semble être restée en retrait de cette productivité liée à la réformation catholique. Signalons toutefois que quelques livres anciens (aujourd’hui conservés au Grand Séminaire) avaient été acquis à cette époque par les abbesses. De même, le chroniqueur de l’ordre cistercien Chrysostome Henriquez reproduisit la charte de fondation de l’abbaye de Differdange dans ses Lilia cistercii en 1633. Ce manque de productivité s’explique peut-être par les difficultés matérielles que l’abbaye connut au 17ème siècle. Plusieurs fois pillés, les bâtiments monastiques ainsi que les fermes du domaine sont ravagés et la communauté se couvre de dettes (L’abbaye de Differdange, p. 25-26). La situation se calme après le traité de Versailles en 1709. Mais c’est alors la question des liens très étroits entre l’abbaye et la France, tant au niveau des recrutements que des biens, qui pose problème au 18ème siècle. En effet, de par son caractère frontalier, la situation de ses possessions, mais aussi en partie pour assurer un recrutement noble, l’abbaye de Differdange accueillait de nombreuses étrangères, surtout françaises. On remarque d’ailleurs que depuis le 16ème siècle, les abbesses sont presque toutes d’origine lorraine. Quant aux confesseurs de Differdange (mais aussi de l’abbaye de Clairefontaine) ils venaient notamment d’abbayes françaises ou francophones, ce qui eut également un impact sur la communauté. Face à cette situation, les autorités autrichiennes tenteront de limiter l’accueil d’étrangères (A-XXVII-157). A l’abbaye de Differdange, le 18ème siècle fut aussi celui des reconstructions du monastère mais aussi des églises environnantes entamées sous l’abbesse Françoise de Gourcy. La physionomie du bâtiment actuel (devenu la Maison de Soins de Differdange) est d’ailleurs largement tributaire des réfections de cette époque. Ces travaux coûteux entrainèrent des difficultés financières qui durèrent jusque dans les années 1760. Dans ces années où le besoin d’argent se faisait sentir, l’abbaye n’hésita pas à accueillir des filles de la roture contre une dot importante alors que le recrutement de l’abbaye était devenu essentiellement noble. Les religieuses demandèrent même à ce que l’abbaye de Differdange soit reconnue comme abbaye noble en 1770, ce qui leur fut toutefois refusé. D’autres maisons, notamment Clairefontaine et Marienthal, firent la même demande. Celle de Marienthal fut acceptée en 1751.
L’abbaye de Differdange se présentait comme une abbaye fille de celle de Clairvaux, c’était donc à l’abbé de Clairvaux de veiller en dernière instance à la bonne gestion et religiosité de l'abbaye. Toutefois, les documents montrent que de manière générale, ce sont des moines d’abbayes plus proches (le plus souvent Orval) qui y intervenaient pour y assurer les rôles de confesseur et/ou directeur de la communauté, mais aussi pour assister aux élections d’abbesses. |
| La communauté au sens stricte comptait en moyenne douze religieuses. A la suppression en 1796, elles étaient par exemple onze. Mais le détail des comptes fait apparaître un groupement bien plus important, composé de servantes, jardiniers, résident(e)s, pensionnaires, père confesseur, … ce sont davantage une trentaine de personnes qui vivaient dans l’abbaye. Ainsi, en 1742, ce sont 31 personnes qui y vivent (A-XXVII-242). La suppression de l’abbaye est moins connue. Les cisterciennes échappèrent à la première vague de suppression décrétée par Joseph II et c’est à la révolution, en 1796, que la communauté fut dissoute. De par leur situation frontalière, les religieuses avaient toutefois préféré s’installer dans leur refuge de Luxembourg dès 1792. Elles retournèrent dans leur abbaye en juin 1795 mais en avril 1796, leurs biens furent séquestrés et l’abbaye supprimée en exécution de la loi du 15 fructidor an IV (1er septembre 1796). Les religieuses quittèrent les lieux fin décembre de la même année (L’abbaye de Differdange, p. 31-34). Plusieurs fois vendus et transformés entre 1797 et 1929, les bâtiments devinrent à cette date un hôpital et sont actuellement une Maison de Soins.
Liste lacunaire des abbesses dressée à partir des archives de l’abbaye et d’actes provenant d'autres fonds et d’une liste dans le cartulaire (A-XXVII-321, p. 139). On remarquera, outre l’origine lorraine des abbesses de l’époque moderne, que la famille de Housse a « tenu » l’abbaye tout au long du 16ème siècle avec quatre abbesses. La famille de Gourcy compte également deux abbesses et une prieure, Anne de Gourcy, connue en 1604. Les de Gourcy étaient également présents à l’abbaye cistercienne de Clairefontaine (Marguerite de Gourcy est abbesse en 1605 et écrit à Jean Bertels). Gertrude (1248) Anticoine Gilize (1260) Elise de Huncherange (avant 1289) Mathilde (1289) Mahau (1299) Agnès de Soleuvre (1307) Aligon (1321) Alix (1326) Marie de Chaynne (c.1339) Laurette (1365) Jeanne de Bereldange (1382, 1391) Agnès de Remich (1416) Marguerite de Vispach / Fischbach (1437) Marguerite de Putelange (1451, 1452) Agnès de Kersen (1477) Catherine de Metzich (Mechtzich) (Messancy) (1491) Jeanne de Housse (signalée dans le cartulaire en 1490, mais plus probablement abbesse entre 1509 et 1512) Barbe de Housse (1528 – 1534) Armanga d’Auville (ou d’Arville) (1534 – 1538) Claude de Housse (1538 – 1577) Marguerite de Housse (1577 – 1612) Jeanne de Laruelle (1612 – 1623) Claude de Cuminelle (1623 (?) – 1646) Reine de la Fontaine (1646 – 1670) Catherine de Manderscheit (1670 – 1701) Marie Jeanne de la Fontaine (1702 – 1719) Françoise de Gourcy (1719 – 1743) Antoinette-Lucie de Saintignon (1744 – 1753) Marie-Madeleine de Gourcy (1754 – suppression) |
| Historique archivistique: | Les cisterciennes de Differdange se sont montrées soucieuses de leurs archives qui sont dans un bon état de conservation. Un premier inventoriage des titres eut probablement lieu dans la deuxième moitié du 14ème siècle, comme en témoignent les notes dorsales en latin que l’on trouve sur les chartes jusqu’aux environs de 1360. Les archives étaient conservées dans un coffre (A-XXVII-321, f°138v). Un seul cartulaire, rédigé de 1590 à 1620, est connu (A- XXVII-321). Il est toutefois possible qu’un autre cartulaire l’ait précédé puisque le recueil des dîmes et revenus de 1604 (A-XXVII-109) fait référence à "es Cartulaires Anciens". Le cartulaire qui nous est parvenu reprend la majorité des documents anciens (surtout jusque vers 1350). Les chartes ont été annotées à cette époque avec la pagination du cartulaire. Par exemple la charte A-XXVII-015 concernant le droit de patronage à Kayl porte comme note dorsale folio 95 correspondant à la page du début de sa copie dans le cartulaire.
Au moment de la suppression de l’abbaye en 1796, les archives trouvées dans les coffres furent expédiées à Luxembourg. Aucun inventoriage n’ayant semble-t-il été réalisé à la suppression, il est difficile de faire un bilan des pertes à cette époque et depuis cette époque. C’est ainsi le cartulaire (A-XXVII-321) qui offre la seule piste pour estimer les pertes d’archives. En effet, le cartulaire consigne 90 actes dont 60 nous sont parvenus. Au moins un tiers des documents d’avant 1590 ont donc été perdus, à une époque toutefois indéterminée. Au début du XXe siècle, l’archiviste Pierre Ruppert intégra le fonds des cisterciennes de Differdange dans son système d’archivage sous la cote A-XXVII. Les documents furent alors classés chronologiquement. L’inventoriage actuel, commencé en 2011, propose désormais un inventoriage thématique du fonds. Lors de ce nouvel inventoriage, cinq documents se sont avérés sans lien avec l’abbaye de Differdange. Une charte de 1628, qui concerne en fait les clarisses du Saint-Esprit, a été replacée dans ce fond et porte désormais la cote A-XXXV-427. Deux chartes faisant intervenir un certain Jean Bouteille (en 1334 et 1342) sans rapport avec l’abbaye ont été transférées vers le A-XLIX-4 (voir à Clémarais car Jean est le fils du chevalier Franck dit Bouteille, seigneur de Clémarais). Un dernier document sur papier, non daté mais probablement du 17ème siècle, en allemand et surtout en très mauvais état, traite de Cattenom et n’est donc pas en lien avec Differdange qui n’y avait aucune possession. Il rejoint lui aussi le A-XLIX-4 (Cattenom). Les possessions des religieuses étant situées sur les territoires actuels du Grand-Duché, de France et de Belgique, plusieurs documents avaient été envoyés aux archives d’Arlon. Ils ont été réintroduits après 1950. |
| Le fonds de l’abbaye de Differdange est particulièrement riche en archives comptables. Leurs comptes (recettes et dépenses) nous sont parvenus quasiment intacts pour une période de 80 ans, entre 1684 et 1768. Regorgeant de petites informations (achat de médicaments, montant des étrennes, nombres de paires de souliers ou de saignées par an, …) cette documentation mérite que l’on s’y intéresse (voir une première analyse dans L’abbaye de Differdange). Nous sont également parvenus quelques dossiers d’élection d’abbesse et des documents au sujet des « pains d’abbaye », redevances imposées par le souverain à titre viager au profit d’un orphelin dont le père s’était illustré dans l’armée, que l’abbaye de Differdange rechignait souvent à payer.
L’abbaye pourrait avoir possédé un sceau très tôt puisque dès 1248, un sceau représentant une religieuse debout tenant un livre fermé est connu (A-XXVII-011). Il ne réapparait toutefois plus par la suite. Au 18ème siècle, l’abbaye possède un cachet représentant une lactation de saint Bernard (A-XXVII- 133 et A-XXVII-136). |
| Le fonds de l’abbaye de Differdange est particulièrement riche en archives comptables. Leurs comptes (recettes et dépenses) nous sont parvenus quasiment intacts pour une période de plus de 100 ans, entre 1684 et 1789. Regorgeant de petites informations (achat de médicaments, montant des étrennes, nombres de paires de souliers ou de saignées par an, …) cette documentation mérite que l’on s’y intéresse (voir une première analyse dans L’abbaye de Differdange). Nous sont également parvenus quelques dossiers d’élection d’abbesse et des documents au sujet des « pains d’abbaye », redevances imposées par le souverain à titre viager au profit d’un orphelin dont le père s’était illustré dans l’armée, que l’abbaye de Differdange rechignait souvent à payer.
L’abbaye pourrait avoir possédé un sceau très tôt puisque dès 1248, un sceau représentant une religieuse debout tenant un livre fermé est connu (A-XXVII-011). Il ne réapparait toutefois plus par la suite. Au 18ème siècle, l’abbaye possède un cachet représentant une lactation de saint Bernard (A-XXVII- 133 et A-XXVII-136) |
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Zone des conditions d'accès et d'utilisation |
| Règles d'accès: | conformément à la loi du 17 août 2018 relative à l'archivage et au règlement d'ordre intérieur des ANLux |
| Conditions de reproduction: | conformément à la loi du 17 août 2018 relative à l'archivage et au règlement d'ordre intérieur des ANLux |
| Langue(s) et écriture(s): | lat ; deu ; fra [ISO 639-2]
Le français, qui apparait dans les documents de l’abbaye de Differdange vers 1290, s’imposa dans les chartes pour devenir la langue la plus utilisée, notamment à l’époque moderne dans la gestion quotidienne (le cartulaire et les documents comptables sont tous en français). Dans le même sens, on notera que le cartulaire de la maison fut rédigé par un moine de l’abbaye d’Orval, qui laisse de côté les titres allemands car il ne les comprend pas. Certains gestionnaires de l’abbaye et interlocuteurs directs des religieuses (confesseurs, directeurs) n’étaient donc pas capables d’interagir en allemand, ce qui influença les pratiques quotidiennes des religieuses. Les documents en latin, 62, sont presque tous antérieurs à la moitié du 14ème siècle. Cette langue continua à être utilisée dans les communications avec les autorités ecclésiastiques mais aussi dans certains documents en liens avec les patronages. L’allemand, largement minoritaire (21 documents) apparait dans les actes à la fin du 14ème siècle et est utilisé de manière aléatoire. On remarque que ce sont surtout les rédacteurs des chartes qui imprimaient la dynamique linguistique : les actes touchant la ville de Luxembourg sont en allemand, ceux touchant des zones françaises sont en français.
Sans compter les livres de comptes et le cartulaire, tous sur papier, 109 actes ont été rédigés sur parchemin et 48 sur papier. C’est surtout à partir de 1630 que l’usage du papier se généralise à l’abbaye. Le parchemin resta le support des actes de la hiérarchie ecclésiastique et/ou princière, notamment du roi de France. |
| Employé responsable: | Zeien Nadine (Archives nationales de Luxembourg) |
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Zone des sources complémentaires |
| Sources complémentaires: | 1) Archives Générales du Royaume (Bruxelles)
- Conseil d’Etat, n° 1338 (nominations des abbesses au 18ème siècle) - Conseil privé autrichien 903 B (18ème siècle) - Chambre des comptes n° 46894 (état des biens en 1787)
2) Archives nationales du Luxembourg
- Fonds d’Ansembourg : A-L-5-40 (vente de champs à Capellen près de Holzem le 8 juin 1384) - Fonds Weimer : A-LXI-079 (accord avec Jean de Mersch concernant des droits à Holzem le 4 avril 1401) - Fonds Agriculture, commerce et industrie : A-XIX-10 (mention d’une maison à Luxembourg dans la rue Neuve (Nuwergasse) appartenant à l’abbaye de Differdange le 20 décembre 1491. Guillaume Schuesse, frère profès à l’abbaye de Notre-Dame devait percevoir un cens de 8 gros sur cette maison mais l’abbesse de Differdange Catherine de Metzich a racheté ce cens pour la somme de 5 florins à 32 gros de Luxembourg la pièce) - Fonds Reiffenberg : A-LIII-1-7 (le 29 juin 1355, donation par Sarre de Longuyon, fille de feu le maire Gérard de Messancy, à ses quatre cousines religieuses à Differdange de biens à Aubange. Les quatre religieuses sont Catherine et Jeannette, filles de feu Colin de Hondelange, écuyer et Jeannette et Ide, filles de feu Nicolas de Hondelange, écuyer) - Fonds du Conseil provincial : A-LX-12/2-87 (lettre de relief d’appel : le maire de Differdange Jean Balthasar contre l’abbesse en 1624) ; A-LX-533-7 (concerne la vaine pâture de la cense d’Osterborn) FD-00597 – Fonds Nicolas van Werveke (FD-014-VI-31) – Soleuvre I et II. Voir notamment l’acte du 11 novembre 1282 : le chevalier Nicolas de Septfontaines approuve la donation de la dîme de Soleuvre à l’abbaye de Differdange par feu Alexandre de Soleuvre (cfr. A-XXVII-321, f° 25) ; plusieurs actes concernant la collation de la cure. - Section Historique de Luxembourg - Abt. 15, 256 Registre pour les actes de profession des religieuses de l'abbaye de Fontaine-Marie, dite de Differdange, à commencer par Françoise de Gourcy, abbesse ; Registre des actes de prises d'habits, 1725.01-1792.11.18 (voir aussi le microfilm SHL 49) -Section Historique de Luxembourg - Abt. 6 (seigneurie de Differdange). Ce fonds est très riche et diversifié en informations concernant l’abbaye de Differdange, notamment pour l’époque moderne. Différents instruments permettent d’entrer dans ce fonds : l’inventaire d’Armand Logelin, consultable sur demande, mais aussi les regestes et transcriptions de Nicolas van Werveke (FD-014-IX, 1-7) et son article dans les PSH 46 (1898). On y trouvera des lettres de religieuses, notamment la correspondance de l’abbesse Marguerite de Gourcy (analysée en partie par LOGELIN, Le rossignol), mais aussi des devis pour la (re)construction des bâtiments, de nombreux documents concernant du bois (entre autres des actes de ventes et des procès), des documents touchant des dîmes ou des rentes. - Régime français : B-0339-123 et B-0339-126 : procès-verbaux du 11 germinal au 25 messidor an V
3) Grand séminaire de Luxembourg
Trois livres du 17ème siècle ayant appartenu à l’abbesse et l’abbaye de Differdange (cotes : RES 100 1298 ; RES 100 1621 ; RES 100 2059).
4) Bibliothèque Nationale de Luxembourg
- Les oraisons funèbres des abbesses Françoise de Gourcy et Antoinette-Lucie de Saintignon. Sans cotation. - MERJAI, Cyprien, ms 1-240, vol. 18, f° 1508-1517 |
| Publications: | 1) Auteurs anciens :
- Jean BERTHOLET, Histoire ecclésiastique et civile de Luxembourg et de Chiny, Luxembourg, 1742, t. 4, p. 437-443 - HENRIQUEZ, Lilia cistercii, 2ème partie – distinction X, 1633, p. 171-172 - PIERRET, François, Essai de l’histoire de Luxembourg, t. 2, p. 158 (ANL, Abt. 15, 183)
2) Généralités :
- CANIVEZ, Statuta Capitulorum Generalium Ordinis Cisterciensis (Revue d'Histoire ecclésiastique), Louvain, 1933-1941, 8 vol. - CHARLES, Marie-Cécile, Tant à cause de l’antiquité qu’à cause de l’excellence de sa fondation. Les origines des communautés régulières du duché de Luxembourg : histoire – mémoire – historiographie (VIIe – XVIIIe siècles), p. 172-175 - COOMANS, Thomas, Cistercian Nuns and Princely Memorials: Dynastic Burial Churches in the Cistercian Abbeys of the Medieval Low Countries, dans : MARGUE, Michel (éd.), Sépulture, mort et symbolique du pouvoir au Moyen Âge, PSH, Luxembourg, 2000, p. 683-734 - Quelques informations dans Differdange. Aperçu historique et touristique illustré de la commune et de la ville de Differdange, Differdange, 1937 - KLEIN, René, Die ersten Herren von Zolver (1123-1259), dans Hémecht 28-1 (1976), p. 35-54 - L’abbaye de Differdange et l’histoire de cette bâtisse depuis ses origines jusqu’à nos jours, catalogue d’exposition 21-31 octobre 1982 à Oberkorn, Amitiés françaises Differdange, 1982 - KODISCH, Nicolas, Studien zur Toponymie und Geschichte der Gemeinde Differdingen, Luxembourg, 2 vol. (1978 et 1981) - MULLER, Edgar, Zisterzienserinnenabtei « Fontaine Marie » in Differdingen, dans : Heimat und Mission 57 (1983), n° 11/12, p. 228-233. - THIEL, Bernard-Jacques, Zur Geschichte des Zisterzienserinnen-Abtei in Differdingen, Luxembourg, 1952 (une des meilleures études sur l’abbaye) - ZEIEN, Nadine, Les archives des institutions religieuses du duché de Luxembourg conservées aux archives nationales, dans : Hémecht 66 ¾ (2014), p. 289-297 - 1200 Joer Buurg Zolver 793-1993 : 25ième anniversaire du syndicat d’initiative de Soleuvre, Luxembourg, 1993. Voir notamment les articles de TOUSSAINT, Fernand, Der Hof Osterborn oder Scheuerhof bei Zolver : eine Dependenz der Differdinger Abtei, p. 55-76 et de MARGUE, Michel, Kloster, Graf und Burgherren, p. 17-38
3) 18ème siècle et suppression
- DIDERRICH, Emile, Les dames nobles de l’abbaye Marie-Fontaine de Differdange au XVIIIme siècle, dans : Journal d’Esch, 1923. Ouvrage vieilli mais qui donne certaines informations intéressantes concernant les biographies des religieuses au 18ème siècle - GOFFINET, Hyppolite, Etat nominatif des religieux et des religieuses du département des forêts, au jour de leur suppression effective, 22 septembre 1796, dans AIALx, XVI (1884), p. 193-204 - HENNEAU, Marie-Elisabeth, Destin de religieuses à la fin de l’Ancien Régime : une fin de siècle difficile pour des femmes en déroute, dans : A l’épreuve de la révolution. L’église en Luxembourg de 1795 à 1802, Musée en Piconrue, Bastogne, 1996 p. 91- 99 - HUDEMANN-SIMON, Calixte, La noblesse luxembourgeoise au XVIIIe siècle, Publications de l’Institut Grand-Ducal 100 – Publications de la Sorbonne 18, Luxembourg, 1985 - LOGELIN-SIMON, Armand, Le rossignol de Fontaine Marie : lettres intimes de Marie-Anne de Gourcy de droitaumont, dame de l’abbaye de Differdange, dans : Galerie : revue culturelle et pédagogique, Differdange, 13 (1995), n°2, p. 201-238 |
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Zone du contrôle de la description |
| Notes de l'archiviste: | Inventaire réalisé par Marie-Cécile Charles, travaux préparatoires de Michèle Platt. |
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Descripteurs |
| Entrées: | Merjai, Pierre Alexandre Cyprien (03.02.1760-05.12.1822) (Personnes\M) |
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Unités de description apparentées |
| Unités de description apparentées: | voir aussi: SHL-Abt15-0256 Registre pour les actes de profession des Dames Religieuses de la noble abbaye de fontaine Marie dite de Tiffertange a commencer par Madame françoise de Gourcy venerable abbesse et touttes les Dames composantes la communauté ensuite au mois de janvier de 1725 et comme une partie des
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Utilisation |
| Fin du délai de protection: | 31/12/1795 |
| Autorisation nécessaire: | Aucune |
| Consultabilité physique: | Sans restrictions |
| Accessibilité: | Publique |
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URL vers cette unité de description |
| URL: | https://query.an.etat.lu/Query/detail.aspx?ID=457878 |
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